Immersion

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La musique adéquate pour lire ce récit d’aventure.

Quand je file en Haute Provence, à Valensole et aux alentours blottis à 1h d’Aix, c’est un grand bain d’humanité qui submerge les champs de lavande. J’y ai fait des rencontres hautes en couleur qui puisent leurs générosités dans treize mots porte bonheur : la bienveillance.

Vers Forcalquier, Oraison et Valensole, je me souviens de ces étés qui démarrent. Vous connaissez cette sensation ? Quand le ciel se fait torride, l’air presque aride et qu’on se prend à rêver de barbecues qui finissent à plus d’heure. Nous sommes au tournant de juin. Mon premier grand souvenir remonte à quelques années. C’est drôle, en écrivant, j’ai l’impression d’être un vieux de la vieille alors que j’ai même pas la trentaine.

 

Panneaux routiers sous-titrés Basses-Alpes

Soirée d'été, magie bienveillante face à la montagne de Lure

Au dessus de Forcalquier, je me rappelle de la petite bastide de vacances d’une amie. Le soir arrive, et j’ai l’impression de retomber dans les films de mon enfance. L’odeur des figuiers se mêlent aux respirations des tilleuls du soir. Nos amis aixois et marseillais traversent des petits chemins pour se rendre dans ce petit bout du Monde, étoilé de villages aux consonances désuètes et gracieuses : Fontienne, Mane, Banon. La bienveillance prend tout son sens ici. C’est fou comme on se sent gagné par le bonheur dans cet univers perdu des grands axes. La soirée avance, l’ambiance bonne enfant bat son plein, la musique ici ne gêne personne, et je m’éloigne vers le fond du jardin.

Je respire à pleins poumons, et je regarde vers le Nord. La pleine lune se lève. Pile au dessus du Signal de la Montagne de Lure, vaisseau amiral de landes plus ou moins rocailleuses. Le Signal. J’aime ce mot. Comme si la montagne prenait ici le rôle de lanceuse d’alerte, et veillait du coup sur les petits villages environnants engourdis par l’arrivée des beaux jours. On ressent un bien-être intense, comme si le mot “vacance” prenait ici tout son sens. C’est l’une des plus belles soirées de ma vie. A une heure d’ici. Un conseil, vibrez vous aussi cet été vers ces petits bouts de Provence. Visez Forcalquier, Valensole, vous ne serez pas déçus.

Maurice, un Ovni à Valensole

Juillet 2015. Mes 25 ans. L’été est caniculaire. Les 41°c sont légions dans les champs de lavande d’un violet sidérant. J’ai rendez-vous avec Maurice à Valensole. Vous allez me dire “cool ta vie”. Oui mais c’est Maurice quoi. J’adore ce prénom chantant qui rappelle les enfants de l’après guerre. Ces enfants qui ont plus que quiconque l’amour de leur pays. Leur bout de pays même. C’est d’ailleurs l’objet de ma venue : discuter des souvenirs de ce papi moustachu de 74 ans à la bonhomie et la gouaille légendaire. Embrayer sur l’humain avant tout. Il m’accueille au café du village. Quatorze heures. Et ce qui va me raconter sur le plaisir qu’il a depuis sa plus tendre enfance, de vivre ici, et de participer au quotidien parfumé de son village va profondément me marquer. Et vous marquer aussi je pense amis lecteurs. Quels que soient vos racines, vous allez entendre des mots qui vont faire écho dans votre cœur. On m’annonce dans l’oreillette que ce sera dans quelques instants. Je dois juste avant les anecdotes du papi, vous parler d’un de ses loisirs. Surprenant. Oui, Mon Road Trip en Provence est une pochette surprise. Nous allons quitter la Terre quelques instants avec un Ovni. Et Maurice. Et la Haute Provence. Si, si je vous jure, les 3 à la fois !

Un drôle de personnage. Pour ma part, je laisse les légendes faire leurs œuvres. On a besoin aussi de moments étranges dans la vie pour accepter les contours de la réalité. Une soucoupe sur les champs de lavande, pourquoi pas ? Place aux souvenirs. La terrasse est fraîche grâce aux immenses platanes qui se prennent pour des parasols au sommet de leurs arts. On s’attable avec Maurice loin des débats astronomiques. Dans quelques secondes, vous déclencherez une petite vidéo que j’ai tourné cette année-là à mon ancien travail. Parfois, les mots ne suffisent pas pour dépeindre le plaisir de l’accent chantant du sud, alors profitons-en.

Daniel, le brin d'humanité

Une deuxième musique optimale pour terminer ce récit d’aventure.

Douze mois plus tard, cette fois-ci, les fortes chaleurs restent planquées aux portes de l’Andalousie. La garrigue, pourtant habituée à ces conditions climatiques extrêmes, poussent un ouf de soulagement. Les 25°c sont pêchés ce jour-là par le hameçon du temps. Une belle prise mais pas si étouffante que ça. Il fait même frais sur le Plateau d’Albion, non loin des deux expéditions précédentes, mais plus au Nord-Ouest, vers Sault. Nous sommes le jour de la finale de la France face au Portugal pour l’Euro 2016. Quelle plus belle mise en bouche de partir non pas sur le gazon vert mais dans les champs de lavandes mûris à point. Daniel, la quarantaine, un guide sûr de lui et généreux, nous accueille au pied levé dès l’aube.

Lavande, lavandin, épeautre, production de miel, nous rentrons dans l’envers du décor d’un artisanat à l’état brut. Daniel assure la balade et se fait reprendre par un touriste parisien qui veut étaler sa culture. Daniel ne perd pas son calme. Un jeu se créé entre les deux hommes. Et tout finit non pas en rixe mais autour d’une liqueur de lavande à Saint Trinit. Il fait trop bon pour s’écharper méchamment. La lavande apaise tout le monde. On a rendez vous l’après midi avec Nathalie Busi, lavandicultrice passionnée, la quarantaine dynamique, qui nous accueille avec pep’s et gourmandise. Etape incontournable des Routes de la Lavande, elle tient les rênes en famille d’Ho Bouquet de Lavande. 50 hectares de champs, ça en fait des confections ! Sachets, bouquets, broderies, moulages… La pétillante lavandicultrice nous le confirme “la culture de la lavande est un travail à l’année. La floraison ne dure certes que 2 à 5 semaines suivant les endroits, il faut préparer en amont les champs (qui peuvent produire pendant une dizaine d’années avant d’être mis au repos) et apporter un soin précieux à tous nos produits, faits entièrement à la main.

La rando bistrot se termine avec la Fête de la lavande de Ferrassières. De quoi humer les senteurs du ciel provençal, croquer dans les produits du midi, observer les devantures chaleureuses et profiter de l’ambiance hors du temps de ce petit bout de France, tout de violet vêtu. Je repars de ces 3 expériences avec une bienveillance à toute épreuve et un brin de magie.

Lire le prochain article “Je Voyage dans ma région, une drôle d’idée ?

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