Immersion

(A lire en musique)

Décembre 2017. Je ne sais pas pour vous, mais l’hiver en Provence (et ailleurs) a un goût différent cette année.

Déjà il y a le froid. Une bise qui percute les sols vaporeux et grandioses de Camargue à coup de -2°c au petit soir. Et sur les ondes, il flotte un sentiment de rock éternel. De Route 66. D’intemporel. Je prends la route. Sans moto. Sans connaître toute la playlist du rocker. Sans même être un fervant fan de la première heure. Sans avoir vécu un quart du fragment d’un atome de ses 74 années intenses. Je l’écoutais de loin. Je l’entends désormais de tout près. Aujourd’hui, curieux, je prends le temps du trajet Arles-Aix pour me laisser porter par un pan de l’histoire musicale de France.

C’est étrange et pourtant presque déjà une habitude

Et c’est étrange de découvrir, explorer les musiques de Johnny, à travers les routes de Provence. A l’Ouest, la mandarine éclate son panier de nimbes vers le Gard. Retiens la nuit retentit dans le poste. Oui le poste. A l’ancienne. Déconnecté du virtuel. Les icônes nous enveloppent dans la vraie vie. Jusque dans nos regards vers ces ciels tournés vers la lointaine Salon de Provence. Où j’imagine les foyers qui ont passé leur dimanche dans la petite lucarne.

En boucle dans les lignes droites

Le moment le plus marquant, c’est de sillonner l’Autoroute A7 vers Lançon qui plonge vers le Sud, bouclé d’or par les lampadaires des aires géantes, avec un titre que je vais vous écrire. Les sorties. Le péage immense digne des longs far wests. Filer tout droit vers La Fare les Oliviers. Quelque Chose de Tennessee en boucle.

Puis monter vers Avignon. Enclencher Souvenirs Souvenirs. Imaginer les pas de danse de l’époque. On y danse. Sur le Pont d’Avignon. Je suis pris d’un puissant sentiment de vivre. Intensément. Facéties dans les villes. Blues heureux. La Provence, le contexte, les hommages. Tout se mêle ce soir. L’envie de sillonner, rêver, profiter pleinement du décor, de la musique, du froid de ce drôle d’hiver en Provence. Et des mélodies qui réchauffent le cœur. Dans un éclat de voix, et sans un bruit.

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